I like the revolution that took place in short fiction under the influence of Chekhov (and, to some extent, Babel), the so-called "slice of life" model of the story, in which it was no longer considered "realistic" to have endings as neat and tidy as you might find in, say, Maupassant. Life is not tidy. Thus I would quarrel with the words "real ending" in the question above, because I think it is the "real ending" that is precisely "unreal" and artificial.
vendredi 6 avril 2007
Quatrième question : la fin des nouvelles
Is there a unity in the fact that your short stories don’t seem to have a real ending?”
"Le manoir sur la colline"
"Le Manoir sur la colline", la première des treize nouvelles composant le recueil Démonologie nous plonge au coeur d'une névrose typique des sociétés occidentales où les habitants sont animés par des sentiments contradictoires les faisant parfois agir de manière irraisonnée. Le personnage caractérisant le plus ce nouveau phénomène de société est Glenda Manzini, directrice d'une entreprise de célébration de mariage, divorcée et ne croyant absolument pas "à l'institution qui lui faisait gagner son pain", celle ci perdant de sa valeur mais étant toujours très prisée aux États Unis malgré le nombre toujours augmentant de divorces.
J'ai apprécié tout particulièrement cette nouvelle car elle dépeint bien la société dans laquelle nous vivons et toutes ses contradictions. De plus, j'apprécie le style moderne et original de l'auteur qui nous plonge dans une ambiance ambiguë, à la fois angoissante et pleine d'espoir. Par ailleurs, je me suis plutôt attachée aux personnages, ayant presque pitié d'eux quand ils sombrent dans leurs névroses.
"Le manoir sur la colline" est la nouvelle que j'ai préférée.
Amélie D.
Amélie D.
samedi 24 mars 2007
Troisième question
“Was your goal, when writing this book, to drag us toward the meeting with your vision of America?”
No. Strictly speaking, I had no goal for the book. Because it wasn't assembled as a book until long after some of the stories had been written. Which is to say: there was never, in my mind, a book to speak of, until very late in the process. But neither was it my goal, in composing the individual stories, to drag you toward America. I write mainly about people, and so as to use language in particulars ways. America is just the paintbox, or perhaps the backdrop, that I have used to write in the way I write.
“Why is your writing so detailed ?
Because that's how I like it. As a reader, I like this. It gives me a sense of the world that's being inhabited by the writer.
Votre but était-il, à l'écriture de ce livre, de nous pousser à rencontrer votre vision de l'Amérique ?
No. Strictly speaking, I had no goal for the book. Because it wasn't assembled as a book until long after some of the stories had been written. Which is to say: there was never, in my mind, a book to speak of, until very late in the process. But neither was it my goal, in composing the individual stories, to drag you toward America. I write mainly about people, and so as to use language in particulars ways. America is just the paintbox, or perhaps the backdrop, that I have used to write in the way I write.
“Why is your writing so detailed ?
Because that's how I like it. As a reader, I like this. It gives me a sense of the world that's being inhabited by the writer.
Votre but était-il, à l'écriture de ce livre, de nous pousser à rencontrer votre vision de l'Amérique ?
Non. Strictement parlant, je n'avais aucune visée pour ce livre, car il n'était pas construit comme un livre avant que certaines nouvelles ne soient écrites. C'est à dire qu'il n'y avait jamais eu, dans mon esprit, à proprement parler un livre, jusqu'à très tardivement. Mais ce n'était pas non plus mon intention, à travers l'écriture de ces différentes nouvelles, de vous tourner vers l'Amérique. J'écris principalement à propos des gens, et cela dans le but de me servir de la langue d'une manière particulière. L'Amérique n'est seulement que la boîte de couleurs, si ce n'est la toile de fond, que j'ai utilisée pour écrire de la façon dont j'écris.
Pourquoi votre écriture est-elle si détaillée ?
Car c'est comme cela que je l'aime. En tant que lecteur, j'aime cela. Elle me donne ainsi la sensation que le monde est réellement habité par l'écrivain.
Traduction de Soraya B.
vendredi 23 mars 2007
Deuxième question : les auteurs de nouvelle qui l'ont influencé
“Which short story writers influenced you?”
Isaac Babel
Grace Paley
Donald Barthelme
John Cheever
Anton Chekhov
Vladimir Nabokov
Quels auteurs de nouvelles vous ont influencé ?
Isaac Babel
Grace Paley
Donald Barthelme
John Cheever
Anton Chekhov
Vladimir Nabokov
Traduction de Leïla B.
Isaac Babel
Grace Paley
Donald Barthelme
John Cheever
Anton Chekhov
Vladimir Nabokov
Quels auteurs de nouvelles vous ont influencé ?
Isaac Babel
Grace Paley
Donald Barthelme
John Cheever
Anton Chekhov
Vladimir Nabokov
Traduction de Leïla B.
mercredi 21 mars 2007
Nouvelle série de questions à Rick Moody : première question sur l'appartenance au genre autobiographique
“If DEMONOLOGY is a book dealing with the relationships between siblings, can we regard this book as being an autobiography?”
No, but you may regard the book as occasionally having autobiographical resonances. And yet sometimes one works out the stuff of one's life WITHOUT telling the truth. That, in fact, was sort of why, and how, fiction was invented. Because sometimes it's the fabrication that tells the truth.
No, but you may regard the book as occasionally having autobiographical resonances. And yet sometimes one works out the stuff of one's life WITHOUT telling the truth. That, in fact, was sort of why, and how, fiction was invented. Because sometimes it's the fabrication that tells the truth.
SI DEMONOLOGIE est un livre qui parle des relations entre frères et sœurs, pouvons-nous considérer ce livre comme étant une autobiographie ?
Non, mais vous pouvez considérer ce livre comme ayant parfois des résonances autobiographiques. Et pourtant, on travaille quelquefois sur le vie de quelqu’un sans dire la réalité. Ce qui, en effet, était la raison pour laquelle la fiction a été inventée. Car c’est parfois la fabrication qui dit la vérité.
Traduction de Leïla B.
Non, mais vous pouvez considérer ce livre comme ayant parfois des résonances autobiographiques. Et pourtant, on travaille quelquefois sur le vie de quelqu’un sans dire la réalité. Ce qui, en effet, était la raison pour laquelle la fiction a été inventée. Car c’est parfois la fabrication qui dit la vérité.
Traduction de Leïla B.
Compte rendu de la lecture d'un passage de Démonologie lors de la journée portes ouvertes
Lors de la journée portes ouvertes du lycée, nous avons lu ma camarade Camille et moi une partie de la nouvelle "Le Manoir sur la colline". Il s'agit de la première nouvelle de Démonologie.
J'ai choisi la clôture de cette nouvelle car c'est celle ci qui m'a le plus marquée et c'est son histoire que j'ai préférée parmi toutes celles que j'ai pu lire...
En effet, plusieurs éléments m'ont amenée à apprécier de plus en plus cette nouvelle au fil de ma lecture. Tout d'abord son humour cynique m'a conquise car il rendait ma lecture plus légère en dépit du drame qui se lit entre les lignes, la mort récente de la soeur du narrateur. Ce décès est évoqué de manière sobre ce qui ajoute de l'authenticité et de la "poigne" au récit et n'en fait pas un mélodrame exacerbé. De même il m'a semblé intéressant de noter que plusieurs thèmes (résultats du drame) sont évoqués avec finesse dans cet extrait. Effectivement j'ai apprécié l'expression de la violence des sentiments du narrateur dépassé par sa tristesse, son dégoût de l'amour et ses pensées "noires" qui, on peut le croire, n'a pas un comportement que l'on peut qualifier de tout à fait "normal" mais qui nous parait tellement proche de nous, tellement humain... Comme un journal intime il se révèle et on apprend sur lui de plus en plus au fil des pages...Par ailleurs l'amour et ses défaillances sont brillamment traités avec réalisme et espoir l'auteur nous dresse le portrait de personnages en mal d'amour et qui réagissent tous différemment face à ce manque, par le rejet le déni ou la compassion. Aucune de leur vie ne semble facile... Enfin ce qui m'a le plus touchée dans cette clôture de la nouvelle c'est son message d'espoir, son hymne à l'amour, comme dans la chute de ce récit où il nous pousse à aimer encore en s'accrochant à un autre être pour de nouveau entrevoir le bonheur :"j'ai fait ma demande en mariage"...
Durant la lecture j'ai essayé de faire passer à mon auditoire les sentiments que j'avais ressentis lorsque j'ai posé ce livre et que je me suis dit que cette première nouvelle avait une fin géniale ! C'était bien sûr difficile car selon moi il faut avoir lu toute l' histoire pour savoir à quel point "détone" cette fin. En revanche il est toujours très intéressant de transmettre quelque chose à travers les mots d'un auteur qui lui nous a déjà transmis tellement fort cette tranche de vie...
Mariama
J'ai choisi la clôture de cette nouvelle car c'est celle ci qui m'a le plus marquée et c'est son histoire que j'ai préférée parmi toutes celles que j'ai pu lire...
En effet, plusieurs éléments m'ont amenée à apprécier de plus en plus cette nouvelle au fil de ma lecture. Tout d'abord son humour cynique m'a conquise car il rendait ma lecture plus légère en dépit du drame qui se lit entre les lignes, la mort récente de la soeur du narrateur. Ce décès est évoqué de manière sobre ce qui ajoute de l'authenticité et de la "poigne" au récit et n'en fait pas un mélodrame exacerbé. De même il m'a semblé intéressant de noter que plusieurs thèmes (résultats du drame) sont évoqués avec finesse dans cet extrait. Effectivement j'ai apprécié l'expression de la violence des sentiments du narrateur dépassé par sa tristesse, son dégoût de l'amour et ses pensées "noires" qui, on peut le croire, n'a pas un comportement que l'on peut qualifier de tout à fait "normal" mais qui nous parait tellement proche de nous, tellement humain... Comme un journal intime il se révèle et on apprend sur lui de plus en plus au fil des pages...Par ailleurs l'amour et ses défaillances sont brillamment traités avec réalisme et espoir l'auteur nous dresse le portrait de personnages en mal d'amour et qui réagissent tous différemment face à ce manque, par le rejet le déni ou la compassion. Aucune de leur vie ne semble facile... Enfin ce qui m'a le plus touchée dans cette clôture de la nouvelle c'est son message d'espoir, son hymne à l'amour, comme dans la chute de ce récit où il nous pousse à aimer encore en s'accrochant à un autre être pour de nouveau entrevoir le bonheur :"j'ai fait ma demande en mariage"...
Durant la lecture j'ai essayé de faire passer à mon auditoire les sentiments que j'avais ressentis lorsque j'ai posé ce livre et que je me suis dit que cette première nouvelle avait une fin géniale ! C'était bien sûr difficile car selon moi il faut avoir lu toute l' histoire pour savoir à quel point "détone" cette fin. En revanche il est toujours très intéressant de transmettre quelque chose à travers les mots d'un auteur qui lui nous a déjà transmis tellement fort cette tranche de vie...
Mariama
mardi 20 mars 2007
Correspondance avec Rick Moody : réponse à la cinquième question : la littérature française
“What do you think about the French literature?”
I'm a fan. As I have said about, I am especially fond of the non-fiction and critical writing of the post-May 68 period: Derrida, Foucault, Barthes, Deleuze, Baudrillard. But I also love Proust, Pinget, Sarraute, Beckett (he was Irish, but wrote in French), Rimbaud, Verlaine, Michel de Montaigne (one of my big heroes, in fact), and Rabelais. More recently, there is Emmanuel Carrere, who is a great writer, I think, and Lydie Salvayre.
I'm a fan. As I have said about, I am especially fond of the non-fiction and critical writing of the post-May 68 period: Derrida, Foucault, Barthes, Deleuze, Baudrillard. But I also love Proust, Pinget, Sarraute, Beckett (he was Irish, but wrote in French), Rimbaud, Verlaine, Michel de Montaigne (one of my big heroes, in fact), and Rabelais. More recently, there is Emmanuel Carrere, who is a great writer, I think, and Lydie Salvayre.
Que pensez-vous de la littérature française ?
J’adore. Comme je l’ai déjà dit à ce sujet, j’apprécie particulièrement les œuvres autres que les romans ainsi que les critiques littéraires de la période post-mai 68 : Derrida, Foucault, Barthes, Deleuze, Baudrillard. Mais j’aime aussi beaucoup Proust, Pinget, Sarraute, Beckett (il était irlandais, mais il a écrit en français), Rimbaud, Verlaine, Michel de Montaigne (un de mes grands maîtres en réalité), ainsi que Rabelais. Parmi les auteurs plus récents, il y a Emmanuel Carrère, qui est un grand auteur, je pense, et Lydie Salvayre.
Inscription à :
Articles (Atom)